
Fête de l’eau Lozère : nos secondes étudient la Rimeize
Mardi 22 septembre, une soixantaine d’élèves de seconde du lycée agricole François Rabelais, à Saint-Chély-d’Apcher, ont passé la matinée les pieds dans la Rimeize. Débit, pH, nitrates, inventaire des invertébrés : pour la 20e Fête de l’eau en Lozère, ils ont ausculté une rivière avec les méthodes des professionnels de l’environnement.

Trois classes de seconde au bord de la Rimeize
Les trois classes de seconde du lycée ont participé à la journée : la seconde générale et technologique, la seconde professionnelle Conduite d’élevage et de cultures et la seconde professionnelle Activités hippiques. Chaque groupe était encadré par un animateur nature et un enseignant.
La journée a commencé en salle. Avant d’enfiler les bottes, il fallait comprendre d’où vient l’eau qui coule dans la Rimeize : la répartition de l’eau sur Terre, le fonctionnement d’un bassin versant, puis la modélisation de ce bassin avec la malle pédagogique Act’eau, qui fait le lien entre cycle de l’eau, relief, milieux naturels et espèces animales.
Vers 10 heures, direction la rivière. Premier exercice : dessiner la station d’étude et lire le lit et les berges. Viennent ensuite les mesures physiques (largeur, profondeur, vitesse du courant, puis calcul du débit) et les analyses chimiques : pH, nitrates, température. Dernière étape, la plus attendue, les prélèvements biologiques. Les élèves collectent les invertébrés cachés sous les pierres et dans les graviers, puis les trient et les identifient.
Ce que les petites bêtes disent de la qualité de l’eau
Les organismes récoltés au fond de la rivière sont des macroinvertébrés : larves d’insectes, petits crustacés, mollusques, vers. Tous ne vivent pas dans les mêmes conditions. Les larves de plécoptères, d’éphémères ou de trichoptères réclament une eau fraîche, bien oxygénée et peu polluée. D’autres organismes s’accommodent d’eaux beaucoup plus dégradées.
C’est le principe de l’IBGN, l’indice biologique global normalisé, qui évalue la qualité biologique d’un cours d’eau à partir de ces invertébrés. En croisant la diversité des familles trouvées et la présence des plus sensibles, on obtient une note. Les élèves en ont calculé une version simplifiée en début d’après-midi.
Deux questions servaient de fil conducteur à la journée. Quelles espèces animales trouve-t-on au bord et dans l’eau ? Et retrouve-t-on les mêmes dans un ruisseau et dans une rivière ?

L’après-midi, place aux usages de l’eau
Retour en classe à 13 h 30 pour la restitution. Chaque groupe présente ses mesures, on compare, on discute des écarts. Suivent un film, un temps de photo-langage, puis un jeu de rôle construit autour de l’outil Act’eau, qui met les élèves dans la peau des différents usagers d’une rivière et d’un territoire communal.
Le sujet n’a rien d’abstrait ici. Surnommée le département des sources, la Lozère est l’un des rares départements français à ne recevoir aucun apport d’eau d’un voisin. Tout ce qui y coule y prend naissance, avant de partir vers la Méditerranée, la Garonne ou la Loire. La Rimeize, qui descend de l’Aubrac pour rejoindre la Truyère, appartient ainsi au bassin de la Garonne.
Si les sources sont nombreuses, la ressource reste fragile. Le département compte plus d’un millier de points de captage, les étiages d’été y sont sévères et tardifs, et les épisodes cévenols d’automne d’une rare violence. Partager l’eau entre agriculture, eau potable, pêche et milieux naturels fait partie du quotidien des élus comme des agriculteurs.
Des mesures qui parlent à chaque filière
La journée s’appuie sur les programmes de seconde : répartition des êtres vivants, chaînes alimentaires, classification, regard du géographe sur l’aménagement du territoire. Elle rejoint aussi les formations que ces élèves vont poursuivre au lycée.
En seconde professionnelle Conduite d’élevage et de cultures, les élèves se préparent au bac pro CGEA. Mesurer les nitrates d’une rivière, c’est voir concrètement le lien entre la conduite d’une exploitation, la fertilisation des prairies et la qualité de l’eau en aval.
En seconde professionnelle Activités hippiques, qui ouvre sur le bac pro CGEH, la question se pose à l’échelle des pâtures : gestion des prairies, points d’abreuvement, accès des chevaux aux berges.
En seconde générale et technologique, les élèves découvrent la démarche d’investigation et les protocoles de mesure qu’ils retrouveront en bac STAV, un bac technologique qui associe agronomie, alimentation, environnement et territoires.

Protection de la nature : un parcours complet à Saint-Chély-d’Apcher
Les huit animateurs mobilisés sur la Fête de l’eau viennent des structures lozériennes d’éducation à l’environnement et de la Fédération de pêche. Mesurer un milieu naturel puis l’expliquer à un public : leur métier fait partie des débouchés du BTSA Gestion et protection de la nature (GPN), préparé au lycée François Rabelais.
En deux ans, le BTSA GPN forme des techniciens capables de réaliser des inventaires de faune et de flore, de suivre l’état d’un milieu, de conduire des travaux de génie écologique et d’animer des actions de sensibilisation. Il mène vers les métiers de technicien de rivière, de garde ou d’agent de réserve naturelle, d’animateur nature ou de chargé d’études en environnement, au sein de parcs, de collectivités, de syndicats de rivière, d’associations ou de bureaux d’études.
Le parcours se fait sans changer d’établissement : seconde générale et technologique, bac STAV, puis BTSA GPN. Pour ceux que l’eau attire plus particulièrement, le lycée Louis Pasteur de La Canourgue, autre site de l’EPL Lozère, prépare au BTSA Gestion et maîtrise de l’eau (GEMEAU) et à une licence professionnelle consacrée à l’assainissement et au traitement des eaux.
Les collégiens qui hésitent peuvent aussi passer deux jours dans l’univers de l’environnement à Saint-Chély avant de formuler leurs vœux d’orientation.
Merci aux partenaires de la Fête de l’eau
La Fête de l’eau est portée par la Fédération de la Lozère pour la pêche et la protection du milieu aquatique, avec le RéeL-CPIE de Lozère (Réseau éducation environnement Lozère) pour l’ingénierie pédagogique et la coordination. Elle est conduite en partenariat avec le rectorat de l’académie de Montpellier et l’inspection académique de la Lozère, au titre de la mission culture scientifique, et soutenue par la Région Occitanie, le Département de la Lozère et l’Agence de l’eau Adour-Garonne. L’édition 2026 est labellisée Fête de la science.
Du 21 septembre au 9 octobre, plus d’une douzaine de journées de terrain comme celle-ci sont organisées dans les lycées du département.
Merci aux animateurs qui ont accompagné nos élèves toute la journée, à Ninon Mendes, enseignante de biologie-écologie et référente de l’opération au lycée, ainsi qu’aux enseignants qui ont encadré les groupes.
Envie de découvrir le lycée ? Rendez-vous à nos journées portes ouvertes


