
PPAM : les élèves de l’EPL Lozère cultivent une filière d’avenir

Thym, lavande, camomille, pensée sauvage : les plantes à parfum, aromatiques et médicinales, les PPAM, se développent en Lozère. À l’EPL Lozère, les élèves de seconde professionnelle ne les découvrent pas dans un manuel, mais sur une parcelle qu’ils conduisent eux-mêmes, du désherbage à la récolte.
La rentrée s’est faite les pieds dans la parcelle
Les chantiers PPAM ont repris début septembre avec les élèves de 2nde professionnelle Conduite d’élevage et de cultures. Première séance : découvrir la parcelle. Savoir ce qui y pousse, où, depuis quand, et ce qui s’y est invité pendant l’été.
Puis le désherbage. À la main, penché, rang après rang. C’est le geste le plus ingrat de la culture des plantes médicinales, et c’est aussi le premier apprentissage : reconnaître ce qu’on arrache et ce qu’on épargne. Sur une culture destinée à l’herboristerie, aucun rattrapage chimique n’est possible. La qualité de la récolte se joue là, à quatre pattes dans le rang.
La suite du chantier a porté sur la préparation du sol, en vue de la plantation programmée cette automne. Et la semaine s’est terminée par une récolte : la pensée sauvage était prête !

La pensée sauvage, une plante exigeante
Viola tricolor pousse spontanément dans les prairies et les friches du Massif central. En culture, elle demande une conduite précise : on récolte la partie aérienne fleurie, au bon stade, par temps sec, puis le séchage doit intervenir vite, à l’ombre et à basse température, pour préserver la couleur et les principes actifs. Une fleur brunie perd sa valeur commerciale.
Utilisée traditionnellement en tisane et en cosmétique, elle fait partie des espèces accessibles à un producteur qui démarre. C’est aussi, pour des élèves de seconde, un excellent support pédagogique : le cycle est court, le résultat est visible, et la moindre approximation se voit sur le produit fini.
Une filière en construction sur le territoire
La Lozère compte encore peu de producteurs spécialisés en PPAM, souvent en vente directe et répartis sur l’ensemble du département. Mais la dynamique est réelle : la Chambre d’agriculture accompagne la structuration de la filière, et plusieurs entreprises de transformation sont déjà implantées sur le territoire : Essanciagua à La Tieule, Crodarom à Chanac, Sadev à Aumont-Aubrac. Huiles essentielles, extraits pour la parfumerie, cosmétique, tisanes : les débouchés existent à quelques kilomètres des parcelles.
Pour une exploitation lozérienne, les PPAM représentent une piste de diversification sérieuse. Elles valorisent de petites surfaces, s’accommodent des sols pauvres et de l’altitude, et dégagent une valeur ajoutée à l’hectare sans commune mesure avec une culture fourragère. Elles demandent en revanche beaucoup de main-d’œuvre et une technicité qui ne s’improvise pas.
D’où l’intérêt de former des jeunes dessus dès la seconde.

Ce que les élèves apprennent vraiment sur un chantier PPAM
Le chantier école n’est pas une sortie. C’est une séquence pédagogique complète, évaluée, qui couvre plusieurs compétences du référentiel :
- observer un couvert végétal et identifier les adventices concurrentes ;
- conduire une culture sans intrant de synthèse, dans une logique agroécologique ;
- préparer un sol en fonction de l’espèce à implanter ;
- déterminer un stade de récolte et respecter un itinéraire post-récolte ;
- travailler en équipe sur un chantier, avec les contraintes de temps du vivant.
Autant de gestes qui se transposent ensuite sur n’importe quelle production végétale, PPAM ou non.

Se former aux productions végétales en Lozère
La seconde professionnelle Conduite d’élevage et de cultures ouvre sur le bac professionnel du même nom. Elle s’adresse aux élèves qui veulent travailler sur une exploitation, s’installer, ou poursuivre vers un BTSA. Les chantiers école, PPAM, mais aussi troupeau, cultures fourragères, atelier de transformation, occupent une part importante de l’emploi du temps.
Envie de voir la parcelle ? Nos journées portes ouvertes sont l’occasion de rencontrer les élèves et les équipes. Dates et informations sur nos JPO ou au 04 66 31 00 08.
Questions fréquentes :
Que signifie PPAM ?
PPAM est l’acronyme de « plantes à parfum, aromatiques et médicinales ». Il regroupe les espèces cultivées ou cueillies pour la parfumerie, la cosmétique, l’herboristerie, la phytothérapie et l’aromatisation alimentaire : lavande, thym, romarin, camomille, pensée sauvage, entre autres.
Peut-on se former aux PPAM en Lozère ?
Oui. L’EPL Lozère intègre des chantiers école PPAM dans le cursus de seconde professionnelle Conduite d’élevage et de cultures. La filière est également abordée dans plusieurs formations pour adultes proposées par les CFPPA de Marvejols notemment en maraichage.
Les PPAM sont-elles rentables sur une petite exploitation ?
Elles permettent de valoriser de faibles surfaces avec une bonne valeur ajoutée à l’hectare, ce qui en fait une piste de diversification adaptée aux exploitations de montagne. Le besoin en main-d’œuvre à la récolte et l’accès aux débouchés restent les deux points à sécuriser avant de se lancer.


