Loutre et aquaculture : comment vivre ensemble ?

Dans le cadre d’un appel à projet « Initiative pour la biodiversité » financé par l’Agence de l’Eau Adour Garonne, le lycée aquacole Louis Pasteur a récemment fait appel à M. RAIMOND, un ancien pisciculteur devenu expert « loutre et pisciculture » auprès de la SFEPM (Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères) dans le cadre du Plan National d’Action pour la loutre en France.

A l’image de la problématique « loup et pastoralisme » qui agite aujourd’hui les campagnes Lozériennes, l’activité de pisciculture est de plus en plus impactée par les dégâts occasionnés par des prédateurs protégés. Aux prélèvements réalisés par les oiseaux piscivores (héron cendré, cormoran…) s’ajoutent des poissons mangés, blessés ou/et stressés par la loutre qui élargit sans cesse son aire de répartition nationale. La présence de M. OLIVAN (animateur de l’ADAPRA – association pour le développement de l’aquaculture et de la pêche en Rhône Alpes) et le travail de recensement qu’il réalise actuellement attestent que la loutre est une préoccupation montante de la filière aquacole professionnelle.

Pertes économiques, sentiment d’injustice et d’incompréhension, sensation d’isolement et d’impuissance sont le terreau d’une confrontation qui peut sembler inéluctable entre le pisciculteur et la loutre. Dans ce contexte et en s’appuyant sur son outil de production, l’équipe pédagogique du lycée Louis Pasteur a fait le pari de proposer, aux élèves en formations « productions aquacoles », un projet de terrain visant à réfléchir et à sensibiliser aux enjeux de la protection de la biodiversité.

Pour ce faire, une expertise du site a été réalisée le matin en présence des étudiants. L’objectif final est de parvenir à la définition et la mise en place concrète d’une structure de protection du site assurant la cohabitation et la conciliation entre une espèce protégée et une activité humaine de production animale.

L’après-midi était consacré à la projection d’un film présentant les mœurs et capacités de la loutre. Un débat était ensuite animé par M. RAIMOND.

Expertise : identification des accès à la pisciculture

« On a vu qu’il existe des solutions pour cohabiter, comme la mise en place de grillages, de grilles au niveau des arrivées d’eau… », Mickaël, BTS Aqua1

« C’est utile de connaître le comportement et les habitudes de la loutre. Bien souvent, le pisciculteur découvre trop tard que la loutre sévit dans sa pisciculture car elle est très discrète, elle laisse peu de traces », M. VALLEY (professeur d’aquaculture)

« En tant que pisciculteur,  je côtoie la loutre sans jamais vraiment la croiser.  Je croyais la connaitre mais les échanges lors de l’expertise du site par M. Raimond, m’ont fait comprendre que je sous-estimais complètement les capacités de cet animal aussi malin qu’il en a l’air. Pour bien se protéger, il est nécessaire de savoir à qui l’on a affaire ».

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